Metacabale

Ordoncques, l’élite wikimédienne s’est retrouvée pendant trois jours ce week-end à Berlin pour discuter de plein de choses autour du et sur le mouvement. Quand je parle d’élite je ne parle évidemment pas du Club des Rédacteurs d’AdQ (ou des photographes aux 50 FP), mais bien des représentants de la Fondation et des différents chapitres et user groups1.

Contre toute attente, j’ai réussi à convaincre les gens que je savais ce que faisais que j’étais le seul dispo pour y aller et accompagner Jenny, notre nouvelle (et fantastique) directrice.

Le format existe depuis quelques années déjà et le niveau monte à chaque fois: on est passé d’une rencontre où chapitres et Fondation se regardaient en chien de faïence à une série de discussions constructives entre gens qui, au final, ont le même objectif: soutenir #DieFreikultur. Très honnêtement, s’il y a un seul moment dans l’année ou les Wikipédiens se conduisent comme des adultes, c’est probablement celui-ci.

Il y a eu plein de présentations en même temps, toutes ma foi intéressantes, et comme je n’ai pas le don d’ubiquité je n’ai pu tout suivre. De toute façon tu t’en fous, ami plébéien, ce que tu veux vraiment c’est du bon gros ragot ou, au pire, savoir quelle idée géniale est en train de germer qui va pouvoir sauver le mouvement en dépit de lui-même2.

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Le siège de Wikimedia Deutschland, même si ça ne s’est pas passé là.

On a parlé de plein de choses, donc,  et dans le désordre voici ce que j’ai retenu:

  • La Fondation va mieux, mais la barre était basse après la quasi-implosion de cet hiver. Katherine Maher, la directrice ad interim, est charismatique, facile d’accès et compétente. Elle est appréciée du staff qui du coup a arrêté de démissionner par bloc de vingt. A ce que je comprends, outre le manque de charisme le problème principal de Celle-dont-on-ne-prononce-plus-le-nom était qu’elle gérait le bouzin comme une startup, avec comme seul point d’accès des métriques de performance qui, dans le meilleur des cas, étaient utilisés pour traiter les gens de tocards. Ca et le fait qu’elle ne communiquait pas ou peu (sauf, je suppose, pour faire comprendre aux gens que c’était des tocards). Elle est partie il y a pile deux mois, mais ça n’a pas empêché des gens de pleurer en discutant de cette période. Autant dire que ça ne devait pas être drôle.
  • Pas d’innovation(s) majeure(s) dans le pipe-line pour cette année. L’équipe technique a mis en place une wishlist pour les contributeurs l’an dernier, il y en aura probablement une pour les chapitres cette année. On est également conscient que la plupart des dernières innovations sont mal passées (flow, superprotect, mediaviewer, etc.). Mention spéciale pour les gens de Wikidata qui ont expliqué qu’ils voulaient, si possible, moins de data (littéralement: “On n’est pas une poubelle, il faut des données exploitables et pas juste tout ce qui passe”). Mais on sait tous qu’ils mentent comme des arracheurs de dents et veulent juste remplir nos infoboxes de leur veulerie.
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Vous êtes ici.
  • Du côté des chapitres, huit directeurs exécutifs sur dix sont en fait des directrices exécutives. C’est intéressant dans la mesure où c’est le ratio inverse de la population wikipédienne (à 90% mâle, 9% chat et 1% poulpe, je le rappelle). D’ailleurs, la plupart des ED ne sont pas non plus des Wikipédien(ne)s chevronné(e)s, une distance qui n’est pas forcément une mauvaise chose dans la mesure où le travail des chapitres s’articule beaucoup plus autour des partenariats GLAMs et l’acquisition de nouveaux contributeurs.
  • Chacun avait été invité à venir avec 1) des bonbons de son pays (sympa pour briser la glace et financer le lobby dentaire) et 2) une petite pancarte expliquant ses récents succès, prochains challenges et un voeu pour la “Fée Wikimedia”. Les Ouzbeks ont demandé la fin de la censure, les Canadiens plus de beurre de cacahuètes3. Certains jouent visiblement pour gagner.
  • Concernant à nouveau les chapitres et les user groups, un grand nombre de ces derniers semble aspirer à rejoindre le club des premiers4. Ca commence à se remplir mine de rien, puisqu’il y aurait actuellement une cinquantaine de groupes supplémentaires en cours de formation.
  • C’est indirectement lié, mais le Fundraising de l’année passée s’est assez mal passé : on ne manque pas encore de sous, mais la baisse du trafic est réelle (google donne les réponses directement avec son knowledge graph) et ceux qui restent sont de plus en plus sur mobile, ce qui impacte aussi négativement les donations. Bref pour la première fois l’an prochain le gateau du financement va se réduire (un peu), alors même qu’on a de plus en plus d’invités à nourrir.

Voici pour les grandes lignes. Il y a eu d’autres trucs plus anecdotiques (notamment la campagne pour les places au Conseil de la Fondation, Wikipedia sur la Lune, le lobbying auprès de l’UE), mais c’est d’un intérêt infiniment plus limité.

Questions bienvenues.

1 Les élites, si vous préférez, dans la mesure où celles-ci font partie d’un petit club relativement fermé (on est invité/désigné pour venir, ou on ne l’est pas).
2 Je vais tout de suite tuer le suspense: rien.
3 Ou d’arachides, mais le principe de moindre surprise demande qu’on ne s’adresse qu’aux Français.
4 Les règles sont subtiles mais il faut je crois au moins deux ans d’activité pour qu’un groupe soit potentiellement admissible au statut de chapitre, moment à partir duquel il peut aussi demander un soutien financier de fonctionnement à la Fondation. Je ne peux pas leur donner tort: la charge de travail est substantielle et personne ne signe pour un hobby pour se retrouver à faire du secrétariat gratuit. 

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