WikiConvFR, Strassburg edition

Ordoncques, vous n’avez pu/voulu/su aller à Strasbourg et avez donc manqué la seconde édition de la Wikiconvention francophone: votre vie, il faut bien l’admettre, paraît dès lors un peu morne et sans relief. Il est temps de se reprendre, ne serait-ce qu’en lisant ce résumé partiel et entièrement subjectif de cet évènement hautement freikulturel.

L’office du tourisme de Strasbourg ayant refusé de répondre à mes demandes pourtant répétées de sponsoring pour ce billet, on passera rapidement sur le lieu: c’était en Alsace, vous en tirerez donc les conclusions qui vous chantent et selon vos biais propres. On notera toutefois l’absence remarquée de quelques Wikipédiens de qualité, ceux-ci ayant préféré participer à la Conférence Wikidata qui se tenait elle aussi en Allemagne.

#WikiConvFR, puisque c’était le hashtag mot-dièse consacré, aura donc vu une grosse centaine de participants (500’000 d’après les syndicats et la police) se presser dans une quarantaine de conférences allant de A comme Afrique à W comme Wiktionnaire, en passant bien sûr par les Glams et Q2013. C’était à tout le moins une bonne occasion pour mettre des visages sur des pseudonymes, et le niveau des interventions était plutôt bon:  chacun a pu un peu prêcher pour sa paroisse ou partager ses expériences, voire même apprendre des choses. Merci à Pyb, Rémy et à tous les salariés de Wikimedia France pour l’organisation, et merci à Wikimedia CH pour avoir assuré l’ambiance.

On vous observe

Deux des interventions que j’ai pu suivre m’ont paru sortir un peu des thématiques habituelles (il y en avait certainement d’autres, mais votre serviteur ne peut pas non plus être partout):

La première, assez sobrement intitulée “Quelques réflexions sur le travail d’administration sur Wikipédia”, n’était de fait pas celle d’un admin, mais d’un doctorant en sociologie – depuis le temps que je dis qu’on devrait se pencher sur le sujet, je savais qu’il aurait des choses à dire et je n’ai pas été déçu (et bien évidemment personne n’a pensé à prendre des notes). J’en ai retenu en substance trois choses:

  • la perte de pertinence du Comité d’Arbitrage a commencé en 2008, avec l’augmentation soudaine et exponentielle du nombre de contributeurs. N’ayant pu/su grandir au même rythme, contrairement au collège des admins, ces derniers ont au final pris les choses en main pour combler un retard croissant des décisions (ce qui crée certainement d’autres problèmes, mais ça n’était pas le sujet de recherche);
  • l’élection au statut est une construction sociale (la phrase m’a marqué), et il n’y a pas qu’un type d’admin (de préférence fasciste). La typologie présentée montrait des profils très différents (le ”communicant” qui intervient beaucoup en page de discussion, le ”plombier” qui est branché technique, etc.) avec des catégorisations pas forcément bêtes censées refléter le comportement dominant de chacun. Deux conclusions intéressantes parmi d’autres: tout va bien tant qu’on a un mélange, et le comportement des gens (plombier, communicant, je ne sais quoi d’autre) se fixe quelques semaines après son arrivée sur wikipédia (et donc logiquement bien avant son élection) pour rester stable par la suite: plombier un jour, plombier toujours;
  • dernier point: si de fait les communautés wikipédiennes sont assez régulièrement scrutées et auscultées, il n’y a à ce jour aucune étude de fond sur les anciens contributeurs. En clair, on sait que les gens partent, mais on a aucune idée pourquoi (en tout cas autrement que de manière anecdotique), ni ce qu’ils deviennent. C’est dommage.

On vous juge

Deuxième intervention de qualitay, celle de Ji-Elle concernant l’Afrique sub-saharienne. C’était honnêtement un peu déprimant de voir que pas grand-chose n’a changé de ce côté là, et qu’une source voire même un sujet africains sont traités avec infiniment plus de suspicion qu’un objet blanc frônçais1. Exemple tout bête: les conventions d’écriture de pas mal de pays de la région consacrent le nom en majuscule (ex: Jean-Pierre BEMBA), alors qu’en Europe c’est plutôt une faute (ou tombé en désuétude, vu que ma grand-mère écrivait pareil).

Les articles wikipédiens ainsi créés tombent facilement sous le coup de la suspicion, passent plus facilement à la trappe, et on n’aide du coup pas à l’intégration de toute une volée de contributeurs francophones potentiels. Une idée serait d’appliquer des conventions régionales d’écriture (comme cela se fait en anglais et allemand pour les différences anglo-américaines et germano-suisses), mais j’ai peu d’espoir que cela se mette en place facilement et/ou bientôt en français.

On vous dit à bientôt

Il n’y a pas encore de date ni de lieu pour la prochaine édition, et organiser ce type d’évènements est toujours lourd, surtout avec une petite équipe. Mais la tendance semble aller dans le sens d’une multiplication et pérennisation de ce type d’évènements spécifiques à une communauté (on aura ainsi embrayé francophones, arabophones et Q28859214 en trois semaines, après les germanophones en septembre et les italophones en novembre), par opposition à la grand-messe annuelle Wikimania, à la fois très méta et probablement moins intéressante pour ce qui est de mettre de l’huile dans les rouages du quotidien.

Mais ce n’est que mon opinion.

 

 

Pour être honnête le problème existe aussi -même si c’est de manière infiniment moins aiguë- avec certains trucs belges, canadiens ou suisses. Amis frônçais, vous gagneriez à l’être un peu moins.

 

Advertisements

Festicabales VI : Genferei

C’est officiel, ce sera le 15 août! Si vous n’avez qu’un jour à dédier à la #Freikultur IRL, ce sera celui-ci: comme chaque année, la Cabale romande organise donc sa rencontre oecuménique (oui toi aussi, ami Wikinewsien, tu peux venir), et comme chaque année on change de canton pour, cette fois, vous accueillir dans la capitale à Genève, dans le canton de… Genève.

CC-by-SA Madgeographer. Une personne de goût.

Le Programme Comme d’habitude, les premiers arrivants sont attendus dès le vendredi 14 au soir. On s’occupera de vous, mais le gros des activités, comme d’habitude, se tiendra donc le samedi 15, avec au choix:

– Visite de la Rome protestante (Musée de la Réforme et vieille ville);

ou

– Visites (guidées également) de l’ONU et du Musée de la Croix-Rouge (en espérant que voir des gens qui meurent ne tue pas trop l’ambiance).

Les deux options étant un peu distantes, on vous laisse très démocratiquement choisir celle qui vous attire le plus sur la page de discussion qui va bien. La journée se concluera bien évidemment en allant lancer des cailloux au siège de l’OMC par un picnic à la Perle du Lac, voire aux Bains des Pâquis si le temps et les humeurs se prêtent à la baignade. Après ça film et dodo.

Le dimanche est d’expérience plus calme, mais on essaiera de faire sortir le drone s’il est là. Sinon re-trempette dans le lac de Genève, et balade en ville.

Et Dieu sait qu'on l'aime, celui-là.
Et Dieu sait qu’on l’aime, celui-là.

Le transport, l’hébergement

Ami Wikipédien, sache-le, Genève c’est la zone pour se garer. Le plus simple est de se parquer un peu en dehors du centre (places blanches, pas bleues) et de faire le reste du trajet en bus/tram. La ville est sinon desservie par un très efficace aéroport international (Easyjet inside) et une gare de train (pour les fans de Tintin) connectée à la France (TGV direct depuis Paris, mais sinon aussi Lyon, bien sûr).

Concernant l’hébergement, ouvrez bien vos yeux et oreilles car c’est important: Wikimédia Suisse subventionne généreusement les lits à la City Hostel Geneva, sise rue Ferrier, en plein coeur de la ville et 500m de la Gare. On aura des dortoirs de 3 et 4 lits*, voire quelques chambres doubles pour les couples, et vous aurez environ 75% de discount. Pour en profiter, il suffit d’écrire avant le 10 juin à l’excellente Community manager de WMCH, j’ai nommé Gabrielle (gabrielle.marie /à/ wikimedia.ch), et de lui indiquer la (les) date(s) de votre séjour.

Bref, la Suisse, ce n’est pas que la montagne, soyez prévenus:

*: un embourgeoisement certain par rapport aux 35 personnes entassées sur des matelas dans un salon l’an dernier.